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"The blue hour" | « L'heure bleue »: Vivre une transition


(En français plus bas) I am sharing with you the first issue of a super magazine that has just been released on the theme of transition, and in which I had the privilege to participate as an author with 11 other beautiful souls! This magazine is the result of the hard work of Nathalie Sauvé, a wonderful coach and human being https://nathaliesauvecoach.com/.


"Vivre une transition": https://nathaliesauvecoach.com/le-magazine-transition/


My article is called "L'heure bleue" (The Blue Hour) and describes a period of transition I went through in the last few years. Here is a basic translation of that text in English:


"The blue hour”

by

Mokusho Abigaëlle Richard


"For fourteen years, I worked evenings in one of the libraries of a Montreal university. I lived with a lump in my throat from having to lock myself into a schedule, a hierarchy and heavy protocols. I had a knot in my stomach from working for others. Always doing everything for others without ever listening to me! For me, the evening was "work" and the day was "life".


"Life" consisted of drawing, life consisted of assembling Japanese papers. I let the cranes fly away in indigo skies studded with golden stars. I created galaxies of ink punctuated with red scales. I shaped variations on the azure of Delft porcelain. My fingers continuously stained, I gorged myself with ultramarine, atmospheres and words. I lived at my own pace, I jubilated until dusk, until the transitional hour, the blue hour, the hour when everything changed... In the evening, I had to go to work.


Then, four years ago, I put an end to "work", as some people put an end to their lives. In one stroke, I cut the umbilical cord of dental insurance and what buttered my bread. At 45, I jumped into the abyss of a life without savings. Carpe diem! The hell with worldly permanence and accumulated retirement! "Self-employed" is a delightful name that I let melt on my tongue with delight. My life became the present moment.


This eternal moment is the only thing I know now. No more of this future that so many people prepare in the anguish of lack. I stopped weighing, counting, worrying to the point of ruining my health. For once I chose myself, I decided to "create".


First, I traveled in the greyness of the North, on the high cliffs licked by the sea spray of which I had dreamed since childhood. Then, back home, I chose to feed myself with absolute, to drink this freedom that I can only serve. I came back little by little from the sleep of the so-called "adult" life. I have finally brought out the gagged inner child and started to laugh after so many dreary years.


Learning and creating are the only things I have ever known. I consumed the little retirement I had accumulated, continuing to create harmony and beauty. I have also created on the great canvas of the world, a virtual stall where I release my golden birds and galaxies of ink, to beautify the world and make ends meet. To work is not to laze around. I have never given so much of myself and of my time since. But, creating is finally believing and vibrating in what I am and what I do.


Today, I sip my Bergamot tea and give birth to pottery and collages every afternoon. I don't always know how I will pay for papers, glazes and rent, but confidence and faith that I will not lack anything are my faithful accomplices in this studio life. I can once again savor the magic of the blue hour and the starry skies. I dance to Bach or Gardel in my studio of joy. I get drunk on light, savoring the moment.


I chose myself for the first time, I chose to embody a different world. A world where I give as much as I receive. A world where art and harmony rule over my own board of directors. A voluntary simplicity, assumed and bathed in amazement...


The day of the great leap into the abyss I trembled, I cried and I feared. Since then, I have not regretted anything. Everyday life feeds me and I offer it everything. It is uncompromising to become who I am. It requires to love oneself more than conventions, more than the false belief that one will end up stripped naked.


And then, even if we were to find ourselves stripped naked? Isn't it the only valuable gift that we have received? The one that kneads us like clay, the one that makes us be born to ourselves? What more beautiful adventure than that of transmuting our fears and our chains?


Then we find ourselves, as children are, laughing, confident, finally unshackled...


To all those who are afraid to jump..."


Abigaëlle Richard (Mokusho) is a multidisciplinary creator from Montreal. Following professional training in classical ballet, visual arts and Egyptian archaeology, she has been creating full time as a paper artisan since 2018 and soon as a ceramist. Passionate about spirituality, images and words, she is also the author of a poetic prose novel (in French) entitled « Bleu ».


Website : https://www.abigaellerichard.com/

Online store: https://mokusho.square.site/

Instagram : https://www.instagram.com/mokusho.abigaelle.richard/

Facebook : https://www.facebook.com/Mokusho-Abiga%C3%ABlle-Richard-100201282800971/

Youtube channel : https://www.youtube.com/channel/UCFUYWR-YXxb1vxgTVIoif5Q/videos

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Je partage avec vous le premier numéro d’un super magazine intitulé « Vivre une transition » qui vient tout juste de paraître, et auquel j’ai eu le privilège de participer en tant qu’auteure avec onze autres magnifiques âmes ! Ce magazine est le résultat du travail acharné de Nathalie Sauvé, coach et humaine merveilleuse https://nathaliesauvecoach.com/


Mon article s’intitule « L’heure bleue » et décrit une période de transition par laquelle je suis passée ces dernières années. Découvrez-en plus ici :


👉 “Vivre une transition” : https://nathaliesauvecoach.com/le-magazine-transition/


« L’heure bleue »

par

Mokusho Abigaëlle Richard


« Pendant quatorze ans, j’ai travaillé de soir dans l’une des bibliothèques d’une université montréalaise. Je vivotais, la gorge nouée d’avoir à m’enfermer dans un horaire, une hiérarchie et de lourds protocoles. La boule au ventre d’œuvrer pour les autres. Toujours tout faire pour les autres sans jamais m’écouter ! Pour moi, le soir c’était le « travail » et le jour c’était la « vie ».


La « vie » consistait à dessiner, la vie consistait à assembler des papiers japonais. Je laissais les grues s’envoler dans des ciels indigo constellés d’étoiles d’or. Je créais des galaxies d’encre ponctuées d’écailles rouges. Je façonnais des variations sur l’azur des porcelaines de Delft. Mes doigts tachés en continu, je me gavais d’outremer, d’ambiances et de mots. Je vivais à mon rythme, je jubilais jusqu’au crépuscule, jusqu’à l’heure transitoire, l’heure bleue, l’heure où tout basculait… Le soir, il fallait aller « travailler ».


Puis, il y a quatre ans, j’ai mis fin au « travail », comme certains mettent fin à leurs jours. D’un coup, j’ai tranché le cordon ombilical de l’assurance dentaire et de ce qui beurre les épinards. À 45 ans, j’ai sauté dans l’abysse d’une vie sans économies. Carpe diem ! Au diable la permanence du monde et la retraite accumulée ! « Travailleuse autonome » est un nom jouissif que je laissais fondre sur ma langue avec délice. Ma vie devenait l’instant présent.


Cet instant éternel et la seule chose que je sais maintenant. Fini, cet avenir que tant de gens préparent dans l’angoisse du manque. J’ai cessé de soupeser, de compter, d’angoisser à m’en ruiner la santé. Pour une fois je me suis choisie, j’ai décidé « d’œuvrer ».


D’abord, j’ai voyagé dans les grisailles du Nord, sur les hautes falaises léchées par les embruns dont je rêvais depuis l’enfance. Puis de retour au pays, j’ai choisi de me nourrir d’absolu, de boire cette liberté que je ne peux que servir. Je suis revenue peu à peu du sommeil de la vie dite « adulte ». J’ai enfin sorti du placard l’enfant intérieur bâillonné et me suis mise à rire après tant de mornes années.


Apprendre et créer sont les seules choses que j’ai toujours su faire. J’ai consumé le peu de retraite accumulée, en continuant à faire naître harmonie et beauté. J’ai créé aussi sur la grande toile du monde, un étal virtuel où je relâche mes oiseaux d’or et mes galaxies d’encre, pour embellir le monde et joindre les deux bouts. Œuvrer, ce n’est pas paresser. Jamais, je n’ai donné autant de moi-même et de mon temps. Mais, œuvrer, c’est enfin croire et vibrer à ce que l’on est et à ce que l’on fait.


Aujourd’hui, je sirote mon thé bergamote et fais naître sous mes doigts des poteries et des collages toutes les après-midis. Je ne sais pas toujours comment se paieront papiers, glaçures et loyers, mais la confiance et la foi que je ne manquerai de rien sont mes fidèles complices dans cette vie d’atelier. Je peux à nouveau savourer la magie de l’heure bleue et les ciels étoilés. Je danse alors sur Bach ou Gardel dans mon studio de joie. Je me saoule de lumière en savourant l’instant.


Je me suis choisie pour la première fois, j’ai choisi d’incarner un monde différent. Un monde où je donne autant que je reçois. Un monde où l’art et l’harmonie président sur mon CA. Une simplicité volontaire, assumée et plus qu’émerveillée…


Le jour du grand saut dans l’abysse j’ai tremblé, j’ai pleuré et j’ai craint. Depuis ce temps-là, je n’ai rien regretté. Chaque jour la vie me nourrit et je lui offre tout. C’est sans compromis, de devenir qui je suis. Ça demande de s’aimer plus que les convenances, plus que les fausses croyances qui disent qu’on sera mis à nu.


Et puis, quand bien même on se trouverait mis à nu ? N’est-ce pas le seul présent de valeur que l’on aura reçu ? Celui qui nous pétrie comme l’argile, celui qui nous fait naître à nous-même ? Quelle plus belle aventure que celle de transmuter nos peurs et nos enchaînements ?


On se retrouve alors, comme le sont les enfants, rieurs, confiants, enfin désentravés…


À tous ceux qui ont peur de sauter… »


Abigaëlle Richard (Mokusho) est une créatrice multidisciplinaire Montréalaise. Suite à des formations professionnelles en ballet classique, en arts visuels et en archéologie, elle s’adonne depuis 2018 à la création à temps plein comme artisane du papier et prochainement comme céramiste. Passionnée de spiritualité, d’images et de mots, elle est aussi l’auteure d’un récit en prose poétique intitulé Bleu.


Site web : https://www.abigaellerichard.com/

Boutique en ligne : https://mokusho.square.site/

Instagram : https://www.instagram.com/mokusho.abigaelle.richard/

Facebook : https://www.facebook.com/Mokusho-Abiga%C3%ABlle-Richard-100201282800971/

Chaîne Youtube : https://www.youtube.com/channel/UCFUYWR-YXxb1vxgTVIoif5Q/videos

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